La force de la douceur

Ceux qui me connaissent le savent déjà, j’aime beaucoup les contes. Les contes parlent au cœur et nous connectent à l’essentiel, à quelque chose qui serait comme une part de sagesse ancrée en nous. En ce temps de Noël, après les efforts accomplis tout au long de l’année pour développer une nouvelle activité, c’est une grande envie de douceur qui m’est venue. Et comme une simple envie ne suffit généralement pas pour que nous nous décidions à aller dans la bonne direction, j’ai fait la rencontre hier au détour d’un livre de contes d’une histoire  qui parle de la force de la douceur pour nous aider à franchir les caps difficiles. Je vous invite à la découvrir :

Le taureau et les cent chariots de pierres (Henri Brunel – Nouveaux contes zen)

Comment_obtenir_des_resultats_2(Peinture animalière de Thierry Bisch)

La légende rapporte que Shakyamuni, le Bouddha, naquit dans l’une de ses vies antérieures sous la forme d’un petit veau. Traité avec gentillesse et affection par son maître, un noble brahmane, le bouvillon devint un taureau puissant et doux. Il voulut récompenser le saint homme et lui apparut en songe :
« Maître, dit-il avec respect, propose un défi à ton voisin, le riche marchand.  Affirme-lui que je serai capable de tirer cent chariots emplis de pierres. Engage sur ce pari mille pièces d’or ! »
Le noble brahmane croyait aux rêves. Il alla trouver le riche marchand et lui parla de ce défi. Le voisin estima que le saint homme était un simple, ou un fou. Mais il accepta, tout en riant sous cape de la naïveté du bonhomme.
Au jour convenu le brahmane fit charger cent chariots de pierres. Il attela le taureau et s’empara des rênes. Il était anxieux. Il avait misé toute sa fortune sur ce pari, et il s’écria :
« Tire, tire, même si tu dois mourir sous l’effort. J’ai engagé mille pièces d’or, et je ne suis pas riche ! Tire ! » hurla-t-il, et il fouetta cruellement l’animal.
Le taureau roulait ses puissantes épaules, mais il semblait cloué au sol, et les chariots ne bougèrent pas.
« Maudit eunuque ! Je te ferai égorger, et j’abandonnerai ta charogne aux vautours ! »
Rien n’y fit. Les chariots ne s’ébranlèrent pas d’un pouce. Le brahmane perdit son pari. Ruiné et honteux, il entra dans sa demeure et s’endormit dans son chagrin. Or, cette même nuit, le taureau lui apparut à nouveau. Il parla ainsi :
« La douceur, la bonté, les paroles aimables sont plus efficaces que les injures et les coups. Interroge la compassion qui est au fond de ton cœur, et tu gagneras ton pari. Relève le défi, et propose cette fois deux mille pièces d’or à ton voisin ! »
En s’éveillant le lendemain, le brahmane se souvint de son rêve. Il hésitait. Je vais sans  doute me ridiculiser, se disait-il, mais je suis ruiné, et je n’ai plus rien à perdre. Après tout, pourquoi ne pas tenter cette gageure… Le marchand l’écouta avec incrédulité. Ce saint homme est vraiment trop stupide, songea-t-il, mais tant pis pour lui ! Deux mille pièces d’or sont toujours bonnes à prendre. Il accepta le défi.
Au jour dit, on remplit cent chariots de lourdes pierres. Le marchand vérifia soigneusement que tous étaient garnis à ras bord. Le taureau semblait guilleret. Il portait autour du cou une guirlande de fleurs, et on l’avait nourri le matin même avec du riz parfumé. Quand le signal du départ fut donné, le brahmane lui murmura à l’oreille :
« O taureau mon ami, mon cher Nida-Visala, je t’ai toujours bien traité depuis l’heureux jour de ta naissance. Je t’ai nourri de bon gruau, soigné, protégé alors que tu n’étais qu’un petit veau sur ses pattes vacillantes, et j’ai pour toi beaucoup d’affection. Mon coeur est plein de compassion et d’amour pour tous tes frères… »
Ayant dit cela, le brahmane monta sur le premier char, fit claquer doucement sa langue, et le taureau, dans un effort titanesque… ébranla les cent chariots, et les tira sur une distance de douze mètres.

Ce conte me touche. Il me dit que là où le dur tranche et blesse, le doux cherche le bien de l’autre et fait tout pour ne pas le blesser. Il est patient et encourage sans jamais s’imposer. Cette douceur nous pouvons la cultiver dans la relation que nous entretenons avec nous-même autant que dans la relation au monde et aux autres. Pour conjuguer à notre tour douceur et courage, douceur et efficacité, douceur et réussite dans nos vies professionnelles… C’est le vœu que je forme aujourd’hui.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Abordez-vous votre quotidien professionnel avec douceur ? Laissez-nous un commentaire pour partager votre expérience.

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