stress au travail

Etes-vous victime des diablotins du temps ?

Avez-vous remarqué la chaleur toute nouvelle que diffusent les rayons du soleil depuis quelques jours ? Ils sont à l’origine d’une expérience étonnante. Charmée par ces premiers beaux jours, j’ai pris le temps après un déjeuner de semaine de rentrer à petits pas en me laissant bercer par les rayons de ce soleil de printemps. Et au-delà du bonheur ressenti au contact de cette chaleur inattendue, ce qui m’a touchée c’est le plaisir procuré par le balancement doux de cette marche lente. Une sensation oubliée depuis longtemps, depuis des années peut-être. Et une réflexion faite il y a quelques jours par un camarade entrepreneur m’est revenue à l’esprit. Me voyant presser le pas à la fin d’une soirée pour rejoindre ma voiture, il me dit avec humour  « Tu n’es pas à Paris ».

Quelle nécessité me poussait donc à presser le pas ? Pourquoi cette marche lente au soleil faisait-elle figure d’évènement exceptionnel ? Je pensais jusqu’alors être victime de la vie parisienne, et que c’étaient les contraintes d’un emploi salarié associées à des temps de transport importants et à une vie de famille qui me poussaient à me dépêcher sans cesse. Mais force est de constater qu’il m’arrive d’agir de même aujourd’hui alors que ma vie a changé. Y aurait-il un mécanisme à l’oeuvre en moi, quelque chose qui ne viendrait pas des circonstances extérieures ?

J’ai à ce moment repensé aux diablotins du temps décrits par François Delivré, et plus particulièrement à son diablotin « Ne t’arrête pas ! » . C’est celui qui nous presse en avant, encore et toujours, dans un élan sans cesse renouvelé. La victime du « Ne t’arrête pas ! » s’organise bien et excelle dans le respect des méthodes et des plannings. Elle travaille beaucoup, chez elle comme au bureau, et dès qu’une tâche est terminée elle repart immédiatement accomplir une autre tâche. Son diablotin « Ne t’arrête pas ! » ne sait pas que l’on est encore plus efficace quand on prend du temps pour s’arrêter, prendre du recul et se reposer.

Si l’on n’y prend pas garde, ce diablotin peut prendre l’allure d’un pli de comportement amené à se figer avec les années. Heureusement, ce pli de comportement nous pouvons, si nous en avons envie, agir sur lui et le faire évoluer. Tout d’abord en l’identifiant, en le reconnaissant, en faisant ami-ami avec lui. En l’appréciant pour ce qu’il nous apporte de bon : la capacité à agir rapidement, à être efficace, à atteindre nos objectifs pour Monsieur « Ne t’arrête pas ! ». Et puis en cultivant son compère, le diablotin rêveur, celui qui aime attendre avant d’agir et profiter du moment présent, celui qui s’accorde du temps pour ne rien faire et regarder les petits oiseaux. Des diablotins du temps, il y en a bien d’autres, nous prendrons le temps de les découvrir au fil du temps.

Pourquoi s’attarder à reconnaître nos diablotins me direz-vous ? Et bien c’est, je pense, pour pouvoir choisir en conscience de faire appel à l’un ou à l’autre en fonction des moments et de nos besoins dans un ajustement créatif. Et ne plus subir la tyrannie de notre diablotin « Ne t’arrête pas ! ». Celui qui nous amène à réaliser nos projets, mais sans jamais en profiter.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous fait la connaissance du diablotin « Ne t’arrête pas ! » ? Comment l’amadouez-vous ? Laissez-nous un commentaire ici.